Rouen : Pride annulée, restrictions dans les bars et saunas. L’épidémie du Covid continue de bouleverser le quotidien.

Pride annulée, établissements fermés, restrictions dans l’ouverture des bars… L’épidémie du Covid bouleverse toujours notre quotidien. Depuis cette semaine, de nouvelles mesures sont mises en place avec des conséquences sociales et économiques inquiétantes.

Comme dans 11 Métropoles, Rouen est placée en zone d’alerte renforcée. Cette zone est caractérisée par une circulation très intense du virus selon le Ministre de la Santé, Olivier Véran.

carte Alerte Covid19
(Zones d’alertes du 25 septembre 2020)

Les départements de l’Eure et du Calvados sont sur des niveaux d’alertes inférieurs. Néanmoins, le virus circule activement sur ces deux départements. Les rassemblements y sont limités. L’Orne et la Manche semblent épargnés.

Sur les 5 départements normands, la Seine-Maritime présente le plus de restrictions.

Conséquence sur Rouen

Le Préfet de la Seine-Maritime a pris de nouvelles mesures sur Rouen, similaires aux autres départements en « zone d’alerte renforcée ».

Covid : restrictions dans les bars
(photo : Pexels Canva)

Les bars

A compter du 28 septembre, sur Rouen, les bars doivent fermer à 22h pour « prévenir les risques de contagion » précise l’arrêté du Préfet. Ainsi, le bar gay Le Milk à Rouen adapte ses horaires comme d’autres bars.

Antoine et Gregg, les patrons du Milk, ouvrent leur établissement du mardi au dimanche de 17h à 21h30 (le dernier service) avant de baisser le rideau à 22h. Habituellement, le bar ouvre de 18h à 2h du matin. D’autres bars de la ville préfèrent fermer leur établissement pendant 15 jours, le temps que l’orage passe, leur chiffre d’affaires étant concentré après 23h.

En cause : des foyers de contaminations sur Rouen. Le 25 septembre dernier, le directeur régional de l’ARS (Agence Régionale de Santé) indiquait « un nombre important de signalements de cas confirmés de covid a été identifié en lien avec les activités sportives, la tenue d’évènements familiaux et amicaux et la fréquentation des débits de boisson » sur la Métropole de Rouen.

Bar vide à cause du Covid-19
(photo : Jose Enrique Chamorro – Getty Images Canva)

Mais cette mesure ne passe pas auprès des établissements. Pétitions et recours commencent à s’organiser dans les grandes villes. Les patrons de bars prédisent que la clientèle organisera des fêtes « illégales » dans leurs appartements sans contrôle des gestes barrières. Alors que de leur côté, ils prennent un soin particulier à faire respecter les gestes barrières dans leur établissement, à l’exemple du Milk.

Ainsi, les bars se disent pénalisés à cause des abus de quelqu’uns.

Peu de temps après ces décisions, les messages de solidarités à destination des établissements affluaient sur les réseaux sociaux.

Enfin, une seconde mesure, presque passée inaperçue, reste incompréhensible : l’interdiction de la musique amplifiée à l’intérieur des bars. Comme pour ne pas concurrencer les discothèques fermées depuis le mois de mars, la pilule est amère.

Personnes avec des visières
(photo : Pexels Canva)

Sans le renforcement des aides financières, des centaines de petits bars qui font la vie sociale des quartiers risquent de disparaître.

Saunas

Autre conséquence : la fermeture des saunas sur Rouen. En effet, de nombreux saunas sont classifiés salle d’activités physiques. Or, les salles de sport sont obligatoirement fermées par arrêté préfectoral.

Le sauna Le Rive Droite près de Rouen par exemple a du baisser son rideau vendredi soir.

Pendant combien de temps ?

C’est bien la question. L’arrêté préfectoral indique que ces mesures s’appliquent jusqu’au 10 octobre prochain. Mais si les conditions sanitaires ne s’améliorent pas, ces mesures seront vraisemblablement prolonger au-delà du 16 octobre.

La Marche des Fiertés annulée

Après un premier report en mai dernier, la Pride de Rouen prévue initialement ce samedi 3 octobre n’aura pas lieu. Après de longue hésitations, les organisateurs décident d’annuler la marche.

Pride 2020 Rouen

Face à l’arrêté préfectoral, le maintien de la Pride devenait incertains entre d’un côté les rassemblements festifs interdits et de l’autre les manifestations revendicatives et politiques autorisées,… sans compter l’interdiction d’utiliser une musique amplifiée.

Mais les organisateurs maintiennent un minimum d’activités sur la semaine, à l’exception des concerts. Le programme est à découvrir sur Gayviking.

Les discothèques toujours fermées…

Depuis le 16 mars dernier, les discothèques restent fermées. Aucun établissement n’ose prédire une éventuelle réouverture d’ici l’arrivée de l’hiver… aucun (bonne) nouvelle à l’horizon.

Des aides attendues, mais suffisantes ?

Face à ces situations, le Gouvernement annonce de nouvelles aides pour les discothèques, bars, restaurants et salles de sport. Le chômage partiel se prolonge jusqu’au 31 décembre 2020 avec une prise en charge à 100% de l’indemnité au titre de l’activité partielle versée aux salariés.

Par ailleurs, le Fonds de solidarité pour les très petites entreprises (TPE) va être réactivé en cas de forte diminution des revenus. L’aide mensuelle pourrait passer de 1.500 à 10.000 euros.

Enfin, le Gouvernement envisage une nouvelle vague d’exonération de charges.

Ces mesures seront-elles suffisantes et arriveront-elles à temps ?

Ailleurs en Normandie : on reste ouvert avec les gestes barrières…

La situation reste différente dans le reste de la région Normandie. Les gestes barrières (masques et distanciation physique) restent en vigueur mais sans fermeture d’établissement.

Les bars à Caen (Apollon, l’Aqueerium), les saunas à Evreux, Alençon, Le Havre, Caen et Cherbourg restent ouvert en appliquant le protocole déjà mis en place cet été.

Covid : port du masque
(photo : Mehaniq Canva)

Néanmoins, selon plusieurs témoignages, la clientèle n’est pas revenue en totalité. Le niveau de fréquentation reste encore inférieur à ce qu’il était avant le confinement.

A ce jour, seul le sauna l’Eclipse à Dieppe a fermé définitivement ses portes pour cause économique liée au Covid-19.

Activités associatives

Marquées par le contexte sanitaire, les associations ont repris avec sérénité leurs permanences, sans fermetures. Sur Caen, Rouen, Le Havre, Evreux, Saint-Lô… les permanences et les interventions ont repris dans le respect des gestes barrières (masques, distanciation physique…). Toutes les infos sur notre article concernant la rentrée des associations en Normandie.

L’exception : les chambres d’hôtes…

Un peu comme un ovni dans le paysage normand, les chambres d’hôtes ont eu un grand succès depuis le déconfinement et notamment les lieux gay comme Les Chambres d’hôtes Le Temps au Temps près d’Évreux.

Après le déconfinement, les chambres d’hôtes ont de nouveau ouverts. Marc Devirnoy (également contributeur à Gayviking) précise : « En l’espace de 15 jours, tout l’été a été bouclé. Nous avons effectivement accueilli beaucoup de français. Nos hôtes ne souhaitaient pas se retrouver dans des structures accueillant trop de monde. Comme nous n’avons que deux chambres, il n’y a jamais plus de 6 personnes (avec nous) dans notre maison. Il n’est pas trop difficile de respecter la distance physique, y compris autour de la table d’hôtes que nous avions réaménagée en respectant les mesures sanitaires. » Et d’ajouter : « Nous n’avons pas soufferts de cette situation un peu particulière car notre type d’hébergement correspondait exactement à ce que recherchaient les gens. »

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