jeudi 1 janvier 2026
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Rétro 2025, une année LGBT+ en Normandie

Entre violences persistantes, avancées institutionnelles, structuration associative et élargissement des espaces de visibilité, l’année 2025 a été dense pour les personnes LGBT+ en Normandie.
À travers les territoires, les initiatives se sont multipliées, tandis que les agressions et discours de haine rappelaient la fragilité des acquis.

Retour sur les principaux faits marquants de l’année dont votre magazine Gayviking a été le témoin tout au long de l’année.

Violences homophobes et transphobes : une réalité toujours présente

L’année 2025 a été marquée par plusieurs agressions visant des personnes LGBT+, parfois très jeunes.

En janvier, à Caen, Selim, 19 ans, est agressé dans un tramway après une altercation avec un groupe d’une quinzaine de personnes. Quelques jours plus tard, à Harfleur, un adolescent de 14 ans est violemment pris pour cible dans la nuit.

une année LGBT+ en Normandie

Au Havre, en janvier, trois hommes âgés de 19 à 21 ans sont condamnés pour une agression. En avril, deux jeunes personnes transgenres sont agressées au Havre après des insultes homophobes et transphobes ; quatre adolescents sont interpellés. À Alençon, en juillet, deux femmes dénoncent leur harcèlement lesbophobe dans la presse locale.

À Fécamp, en décembre, une nouvelle agression transphobe conduit à la condamnation d’un homme de 28 ans pour violences et discrimination. Et à Rouen, l’affiche d’un meeting politique à Rouen provoque une vague de haine transphobe où la drag-queen Délice-D’orge-J refuse de céder face à la haine.

Ces faits ont suscité des réactions associatives, notamment à Caen, où plusieurs structures ont appelé à manifester en mars face à la recrudescence de ces violences.

Sur le plan judiciaire, plusieurs condamnations pour insultes et menaces homophobes ont également été prononcées à Cherbourg et à Isigny-sur-Mer.

Marches des fiertés : une visibilité en expansion sur tout le territoire

La saison des marches des fiertés a été particulièrement fournie en 2025 avec plus de 10400 personnes à l’échelle de la Normandie.

Des événements rassemblant plusieurs milliers de personnes ont eu lieu à Caen (près de 3 000 participant·e·s), Rouen (environ 5 000), Le Havre, Alençon, ou encore Cherbourg.

Mais l’année se distingue surtout par l’implantation durable des Prides dans des territoires moins urbains.

Vernon a organisé la seule marche des fiertés du département de l’Eure, rassemblant environ 300 personnes, pendant que ses médiathèques célèbrent le mois des fiertés. Lisieux et Granville ont proposé des formats variés, parfois sous l’appellation de Journée des Fiertés.

Moment particulièrement symbolique : le 29 juin, la commune de Regnéville-sur-Mer, dans la Manche, a accueilli sa toute première marche des fiertés. Avec 350 personnes pour une commune de 731 habitants, l’événement a illustré une évolution de la visibilité LGBT+ en milieu rural.

La Pride de Fécamp, en septembre, est venue clore la saison régionale.

Structuration associative : créations, locaux et nouvelles dynamiques

2025 a vu la création ou la consolidation de nombreuses associations LGBT+ en Normandie.

À Caen, le collectif informel Les Luron.ne.s LGBTQIA+ s’est constitué en association à l’automne. À Dieppe, Phoenix Queer a franchi le même cap en octobre.

Dans l’Orne, l’association Orn’en Ciel a inauguré son premier local, renforçant ses actions d’accueil, de prévention et d’organisation de la marche des fiertés.

À Fécamp, en septembre, Rainbow’n’Caux s’est installée dans un local associatif et a mis en place des permanences hebdomadaires.

À Cherbourg, l’association Drag-en-Cotentin a organisé son premier spectacle en janvier, affichant complet et lançant une programmation appelée à se poursuivre tout au long de l’année.

Ces évolutions témoignent d’un maillage associatif plus structuré, répondant à des besoins d’accompagnement, de sociabilité et de visibilité sur l’ensemble du territoire normand.

Rétrospective LGBT+ en Normandie

Culture, mémoire et représentations

L’année a également été marquée par plusieurs initiatives culturelles et mémorielles.

À Rouen, la 8ᵉ édition du festival Ciné Friendly a proposé une sélection internationale de films LGBT+. Le documentaire Act Up ou le chaos a été récompensé par le prix du public.

Et en décembre, entre mémoire queer et cathédrale normande, le réalisateur Thibaud Renzi revisite les luttes LGBT+ avec un film audacieux : Les Oiselles tournée dans l’Eure. Côté musique, Rouen accueille en février le clip poignant de K Sensei, un message pour la communauté LGBTQ+. Un mois avant, Haus Of Bobbi et Michal Kwiatkowski enchantent Rouen avec un clip sur l’amour et la liberté.

La mémoire a occupé une place particulière en 2025.

En novembre, une étape historique a été franchie avec l’installation, à Rouen, de la première œuvre commémorative LGBTQIA+ en Normandie, issue d’un projet citoyen avec l’artiste rouennaise Chloé Kelly Miller.

Institutions, reconnaissances et controverses

Plusieurs institutions ont affiché leur engagement en faveur des personnes LGBT+.

En juin, la Ville de Rouen obtient le label « Ville engagée contre le SIDA ». L’Université de Rouen Normandie signe le 28 novembre une charte d’engagement LGBT+ avec l’association L’Autre Cercle.

Le bar LGBT+ rouennais Le Milk, qui fêtait ses dix ans en février, reçoit un prix municipal pour la qualité de son accueil neuf mois plus tard. Durant l’été, à Caen, le sauna Venus déménage, change de concept, s’agrandit et accueille une nouvelle clientèle gay.

Et à Dieppe, le Cabaret La Sirène à Barbe inaugurait ses nouveaux locaux avec un nouveau concept fin décembre.

Dans le même temps, certaines affaires ont mis en lumière des tensions persistantes.

En mai, un joueur du Havre AC a été sanctionné par la Ligue de football professionnel pour avoir dissimulé le logo arc-en-ciel lors de la journée de lutte contre l’homophobie. Et pendant ce temps-là, à Caen, Edda, gardienne trans bousculait courageusement les frontières du sport en faisant face à la transphobie quotidienne.

Une enquête journalistique a aussi révélé les positions problématiques du diocèse de Rouen face à des discours anti-LGBT+.

Sur le plan politique, dans l’Orne, l’élu municipal Marc Lorand-Brionne, ouvertement gay, fait état de menaces de mort, suscitant une vive inquiétude.

Enfin, au niveau de la prévention, les derniers chiffres publiés sur l’épidémie du VIH, et des IST, inquiètent en Normandie. La bataille est loin d’être terminée avec une augmentation des contaminations des 15-24 ans.

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