À Rouen, la semaine des fiertés se clôture au village associatif (photos)

Le Covid-19 restreint les sorties mais pas la détermination des militants LGBT. À Rouen, après une première annulation en mai dernier, la Pride n’a pu se tenir ce samedi 3 octobre. En cause : l’état de l’épidémie en Normandie. Mais la détermination des militants et des associations a été plus forte. Pendant quatre jours, les associations se sont mobilisées afin de proposer une semaine des Fiertés avec de nombreuses activités.

À Rouen, la semaine des fiertés se clôture au village associatif (photos)
(Village associatif 3 octobre 2020 – photo gayviking.fr)

Être présent et ne pas relâcher

Depuis mercredi jusqu’à ce samedi, le collectif inter-LGBT+ rouennais a proposé un riche programme pour se questionner autour des thématiques LGBT+. Les thèmes de la famille, la transidentité, le droit d’asile, la lutte contre les discrimination prenaient formes sous des conférences, des débats et des projections.

En parallèle, le Musée National de l’Education Nationale (MUNAE), basé à Rouen, a présenté son exposition itinérante sur l’histoire des LGBTI+ du XIXème siècle à nos jours.

Bien que les concerts n’aient pu se tenir cette année, la semaine des fiertés à pris place à la Friche Lucien, rive gauche de Rouen. Un village associatif s’y est installé avec en semaine des conférences et projections. Après la conférence de la fondation Le Refuge le mercredi, c’est le film « Prouve que tu es gay » sur le droit d’asile qui était proposé le vendredi. Ce film documentaire (2019) réalisé par Rémi Lange présente les problèmes posés par les demandeurs d’asile des personnes LGBTI.

Friche Lucien
(Village associatif 3 octobre 2020 – photo gayviking.fr)

Le village associatif

Puis, le samedi, le village associatif LGBTI a pris place à la Friche Lucien. Les associations tenaient un stand pour présenter leurs actions.

Le public a pu rencontrer Aides Normandie, SexoSafe, Fiertes Colorées, Laisse Bien Ta Gaieté, Coming Out, Rouen Roller derby, Amnesty Rouen, le collectif Droits des femmes Rouen et l’antenne de Rouen de la Fondation le Refuge. Le site web Achetergay avait pris place pour proposer de nombreux objets aux couleurs du Rainbow Flag. Le public en a profité. Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, flottait de ses belles couleurs un peu partout sur le site de la Friche Lucien.

 

Ne pas oublier les revendications LGBT+

Enfin, comme lors de la Marche des Fiertés, les associations ont conclu cette semaine par leur discours. A tour de rôle, chacun a pu s’exprimer sur les sujets d’actualité de la communauté LGBT :

Ainsi, le collectif associatif réaffirme la nécessité de lutter contre les LGBTphobies en France. « En 2019, plus d’une personne LGBTI sur deux a déclaré avoir subi une agression homophobe ou transphobe au cours de de sa vie. Sans changement de cap politique, nous pouvons craindre une situation pire encore » précisent les associations. Le Collectif ajoute : « L’ilga a rétrograder la France de la 9ième à la 13ième place des pays d’Europe sur le respect des personnes LGBTI ». En cause : l’exclusion des personnes trans dans l’accès à la PMA et les freins posés par le Gouvernement sur l’accueil des réfugiés LGBTI.

Santé, trans, droit d’asile, jeunesse… 

De nombreux messages et revendications ont été affirmés lors de ce discours. Le thème de la santé avec l’insuffisance des moyens contre la lutte contre le VIH. Les revendications des droits et des libertés des personnes transgenres restent un axe important de revendications. A titre d’exemple : une demande d’accélération des processus de changement de genre et l’accès aux aides sociales. Il s’agit de « disposer librement de son corps » insiste le Collectif.

Les discours
(Village associatif 3 octobre 2020 – photo gayviking.fr)

Par ailleurs, les associations soulignent l’impact de la crise sanitaire mais aussi social du Covid19 avec la recrudescence des actes homophobes et transphobes. Le référent du Refuge a d’ailleurs indiqué une augmentation des accueils d’urgence des jeunes mis à la porte du domicile familial. En France, ce nombre est passé de 254 à 297.

Enfin, les demandes d’asile des personnes LGBTI augmentent nettement dans le pays et notamment à Rouen. Les associations condamnent la lenteur des procédures (jusqu’à 3 ans). Et elles réclament un processus plus digne face à des personnes en grande fragilité.

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