Dans l’Orne, l’association LGBT Orn’en Ciel se prépare à reprendre ses activités et reste à l’écoute

Alençon dans l'OrneComme la plupart des associations LGBT, Orn’en Ciel est au ralenti depuis la crise sanitaire. Cette association est la seule association pour la communauté LGBT+ dans l’Orne, le département le moins peuplé de Normandie compte 280 000 habitants. Au détour d’une interview sur Radio Pulse, une radio locale, l’association se dévoile un peu plus : son état d’esprit et surtout ses projets.

Campagne de l'Orne LGBT
(photo : Flamingo GettyImagesCanva)

Isolée, confinée mais toujours un soutien à distance

Le Covid-19 freine les activités de l’association mais Orn’en Ciel a des projets plein la tête. C’est en résumé ce que l’on retiendra de l’interview de deux adhérents d’Orn’en Ciel, Noty et André, au micro de Radio Pulse, à retrouver en intégralité sur le web (et sur 90 FM à Alençon).

Orn’en Ciel n’a pas disparu, loin de là. Toujours mobilisée même s’il est difficile d’organiser des événements pendant cette période. « Nous attendons qu’une chose : reprendre nos activités. Aujourd’hui des personnes se retrouvent très rapidement isolées. Habituellement, nos activités permettent aux personnes de communiquer avec d’autres qui les comprennent. Cela leur permet de partager les mêmes problèmes mais aussi les mêmes joies. On continue de soutenir les personnes LGBT via les réseaux sociaux, même si aujourd’hui ce n’est pas évident » confie l’association.

L’Orne, un département rural avec un risque d’isolement

Et pourtant, le besoin est toujours là. L’Orne reste un département très rural avec peu d’habitants. La représentation des personnes LGBT se fait rare. « Dans l’Orne, nous avons des messages de personnes reculées dans la campagne qui n’ont aucun exemple autour d’eux. Personne n’est là pour leur dire que ce qui leur arrive est normal. Découvrir que l’on est LGBT peut parfois être difficile » indique les deux adhérents. Ils ajoutent : « C’est important que cette association existe dans l’Orne. Nous pouvons discuter. Ce n’est pas facile de s’autoriser à être heureux mais une fois que l’on sait, c’est plus facile. »

Les membres d’Orn’en Ciel comprennent les difficultés. Ce n’est pas toujours simple, que l’on soit jeune ou moins jeune. « Ce n’est pas évident d’aller chercher de l’aide. Les mœurs n’évoluent pas si vite. Des personnes ont besoin d’être orienté, même à 40 ans. Parfois, elles se révèlent au moment où leurs parents décèdent… et ils découvrent qu’ils se sont interdits d’être heureux. Nous savons que la démarche de venir nous voir demande beaucoup de courage. Nous recevons des messages sur les réseaux sociaux. On les aide, on les accompagne. Nous sommes tous passés par là. On comprend. Il n’y a pas d’âge pour se découvrir. »

Etre ensemble LGBT Orne
(photo : Cipella, GettyImagesCanva)

Pourquoi empêcher quelqu’un d’être heureux ?

Et justement, c’est tout l’intérêt des interventions en milieu scolaire pour faire passer les premiers messages. André insiste : « cela devrait faire partie d’un cycle classique d’éducation pour combattre les stéréotypes de genre. C’est important d’agir sur deux niveaux : avec les jeunes et avec le corps enseignant ». Les IMS (interventions dans le milieu scolaire) sont une des actions réalisées par l’association Orn’en Ciel, le plus souvent à la demande d’un professeur. Il est normal de se poser des questions sur son identité.

À ce titre, Radio Pulse évoque la question de la transidentité qui revient régulièrement dans les médias. Le secrétaire de l’association, Noty, répond : « Les gens ne comprennent pas à quel point cela peut être un mal-être pour les personnes trans. Je compare souvent ce sentiment à une peine amoureuse. Pourquoi faudrait-il les empêcher d’être heureux ou heureuses. En plus, cela ne retire rien aux autres personnes ».

Stand Orn'en Ciel
(photo facebook, stand Orn’en Ciel – septembre 2020)

A la sortie de la Covid-19, l’association espère reprendre son café accueil chaque deuxième mardi du mois. C’est dans un café d’Alençon (Le  Stadium par exemple) que l’association accueille ses membres, ses sympathisants ou toute personne souhaitant discuter. Orn’en Ciel prévoit également de renouveler ses activités de loisirs comme les soirées détentes ou bowling. Toutefois, l’association reste tributaire de la réouverture des bars.

Ligne d’écoute, un local, la Pride à Alençon…

En 2021, l’association souhaite mettre en place une ligne téléphonique. « On aimerait récupérer un téléphone pour que l’association soit plus accessible un peut partout.  On espère récupérer un local pour accueillir des personnes en convivialité » indique l’association. « Parfois dans un bar ce n’est pas toujours évident de se confier. Là ça serait un espace dédié. Dès le feu vert, on fonce ! ».

André ajoute qu’il est important d’avoir plusieurs lieux, plusieurs espaces pour se réunir. « Les gens sont dans un milieu safe avec des gens bienveillants. Il s’agit juste d’échanger, de parler… comme des potes, cela fait du bien. Ces moments différenciés sont importants. Tout comme les actions grands publics avec la Pride. Là du coup, on arrive, on a une voix, on réussit à se faire entendre. On fait voir que l’on est tous et toutes différent.es »

campagne normande
(photo : SouthAgency, GettyImagesCanva)

Justement pour la Pride à Alençon, l’année dernière était une année blanche. Pour 2021, l’association avoue que pour cette année « c’est un peu compromis… mais on y croit encore ». Alençon n’a connu que deux éditions pour sa Marche des Fiertés (2018 et 2019).

Convivialités, ligne d’écoute, local, Pride,… le programme à venir pour l’association reste chargée.

Contact Orn’en Ciel

L’association LGBT Orn’en Ciel reste joignable sur les réseaux sociaux en attendant la création de leur nouveau site web.

L’adresse postale : la Maison de la Vie Associative (MVA), 25 rue Demées – 61000 Alençon. Et par mail : assoec61@yahoo.fr

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