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Près de Rouen, violence conjugale, le mari agresse son conjoint avec un couteau sous la douche

Une issue qui aurait pu être fatale. Il est rare de relater des violences conjugales au sein des couples de même sexe. Dernièrement, c’est le quotidien Paris-Normandie qui relate cette chronique judiciaire dans son édition du 18 décembre.

Violence à St Chamond
(photo : Hakobyan GettyImages Canva)

Un couple marié depuis un an se dispute depuis des mois. Ils habitent ensemble sur la commune de Petit-Quevilly, à côté de Rouen. Fin novembre, après une vive altercation, un des deux hommes prend un couteau et se dirige vers la salle de bain où son compagnon prend une douche. Il le blesse sérieusement à la gorge.

Par chance, le facteur passe à cet instant et entend les appels à l’aide. Il portera assistance au compagnon blessé qui réussira à s’échapper par la porte d’entrée. Il sera pris en charge par une ambulance. Son compagnon agresseur fuit mais il sera rattrapé par la police puis arrêté.

L’agresseur explique son geste : « Je n’avais pas envie de tuer mon conjoint. C’était un accident après une conversation difficile. Je n’ai pas de crise de jalousie même si je savais qu’il avait des relations extraconjugales. J’ai pris le couteau pour le menacer, il a voulu s’en saisir et ça c’est mal terminé » rapporte le journal.

Du côté de la victime, son avocate indique qu’il ne doit sa vie « qu’au courage du facteur, il s’est retrouvé tout nu dans la cage d’escalier. Son mari a essayé de l’empêcher de sortir, il a visé le cou et n’a jamais appelé les secours mais s’est enfui après avoir changé de pantalon pour ne pas qu’on le retrouve« .

Devant le tribunal de Rouen, l’agresseur est mis en examen. Les trois juges doutent de sa version des faits. Même avec un casier judiciaire vide, ils estiment qu’il peut récidiver et faire pression sur son compagnon. Il est donc incarcéré dans l’attente de son procès. Avec cette violence conjugale, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative de meurtre.

Agression sous la douche
(photo Oksana Krasiuk Canva)

La violence conjugale existe également au sein des couples de même sexe. Toujours difficile d’en parler, le sujet reste un tabou. Les victimes gardent le silence face aux violences physiques mais aussi psychologiques, comme un sentiment d’illégitimité.

En 2019, 146 femmes et 27 hommes sont morts sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire. Parmi les 173 décès, huit sont survenus au sein de couples du même sexe, dont sept couples d’hommes.

Pour Magali Mazuy, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (INED), ces violences, comme dans les couples hétéros, viennent de « rapports de domination et d’emprise au sein du couple ».

Pour aller plus loin : MeTooGay la communauté LGBT face aux violences sexuelles. La peur doit changer de camp

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