Le Maire de Rouen dénonce des propos homophobes et porte plainte

Les réseaux sociaux ne peuvent restés des zones de non droit. L’homophobie est un délit. C’est le sens de la plainte du Maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol ce 25 juin. Sa plainte soutient son adjoint, Nicolas Zuili, victime de propos homophobes sur facebook. Le fait de rendre public ces faits concourent à la lutte contre les LGBTphobies.

élus rouen
(Nicolas Mayer-Rossignol et Nicolas Zuili – photo conseil municipal Ville de Rouen.fr)

Le samedi 22 juin dernier, une publication Facebook sur le site de la Ville de Rouen informe le public de la Pride, Marche des Fiertés. Un commentaire est déposé sur le réseau facebook par un internaute, Pierre Becquet. Il écrit : « Monsieur Nicolas Zuili, c’est vos orientations sexuelles qui font que cette démarche est à ce point mise en avant ? Ainsi qu’un paquet de vos collègues élus ? » et ajoute plus loin « trois quart des élus sont homos ».

Des propos intolérables

La cible principale est Nicolas Zuili, adjoint au Maire de Rouen en charge du secteur rive droite. Mais cet internaute cible également l’ensemble du Conseil Municipal de Rouen.

Nicolas Zuili ne s’est jamais caché de son orientation sexuelle. Il dépose plainte le lundi 24 juin. Au média 76actu, il déclare : « J’assume ma sexualité et ces propos sont intolérables ». L’adjoint confie par ailleurs avoir déjà été victime d’attaques homophobes en 2014, lors des élections municipales. « Je n’avais pas donné suite à l’époque, car mon fils était mineur, et il n’avait pas à être mêlé à ce genre d’affaires ».

Maire de Rouen
(Nicolas Mayer-Rossignol à la Pride de Rouen le 22 juin 2024 – photo gayviking.fr)

Le Maire de Rouen publiera une lettre ouverte le 25 juin, adressée au Procureur de la République valant dépôt de plainte au nom de la ville. Il écrit : « Ces propos sont intolérables en tant qu’ils stigmatisent une communauté toute entière ». Il ajoute : « Ces faits pourraient être réprimés comme violence verbale à l’encontre d’une personne investie d’un mandat électif (…) Les propos ciblent également les élus en général et particulièrement ceux du conseil municipal de Rouen, tous élus de la République ».

Un maire « qui en a… »

Sur son compte X (anciennement twitter), le Maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol insiste : « La banalisation de la parole homophobe doit cesser (…) la violence des mots précède toujours la violence des actes. Réagissons ! ».

twitter X Nicolas Mayer-Rossignol
(copie écran X de Nicolas Mayer-Rossignol – lettre intégrale)

L’adjoint au Maire de Rouen, Nicolas Zuili, apprécie la démarche. Sur 76actu, il déclare : « J’apprécie que mon maire fasse corps quand les élus sont ciblés. Ça fait du bien d’avoir un maire qui a des couilles ».

Le dossier est désormais entre les mains du procureur pour retrouver ce « Pierre Becquet » sur le réseau social.

L’article 2-19 du code de procédure pénale, modifié par la loi du 24 janvier 2023, permet désormais aux assemblées d’élus et aux différentes associations d’élus de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression verbale ou physique. C’est le sens de l’action du Maire de Rouen contre cet acte d’intimidation avec les propos homophobes de cet internaute.

L’auteur de ces propos homophobes encourt jusqu’à un an de prison et 45000 euros d’amende.

Pour rappel, l’association SOS homophobie, dans son dernier rapport annuel, en mai dernier, dénonçait la forte augmentation des propos LGBTphobes sur les réseaux sociaux.

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