mercredi 21 janvier 2026
10.1 C
Caen
13 C
Rouen
10.8 C
Cherbourg-en-Cotentin

Exil LGBT+ : Ouest-France raconte des parcours d’exilés accueillis à Caen

Sous la plume de la journaliste Lucie Feuillolay, le quotidien Ouest-France nous donne à voir la réalité des personnes exilées LGBT+ accueillies à Caen, entre récits de survie, violence institutionnelle et accompagnement associatif. Ces témoignages, rapportés par le journal régional, éclairent un sujet qui nous concerne directement, en tant que média LGBT+ normand.

« J’avais tout le monde contre moi »

Dans un premier article, Ouest-France rapporte le témoignage d’Alpha Barrie, réfugié sierra-léonais installé à Caen depuis trois ans. Il y raconte plus de dix années passées à se cacher dans un pays où « l’homosexualité est passible de la prison à vie ». « C’est très dangereux d’être gay. (…) Nous risquons de nous faire tuer par les habitants », explique-t-il au journal.

Exiles LGBT+
(photo Unsplash – Dibakar Roy)

Comme le rapporte Ouest-France, Alpha Barrie découvre son homosexualité à l’adolescence, mais apprend très vite à la dissimuler. Sous la pression sociale et familiale, il est contraint d’épouser une femme. Tout bascule lorsqu’il est surpris avec son compagnon en juillet 2021. « Pour ma famille, c’était une abomination. Je suis devenu la honte de la famille », confie-t-il à la journaliste. Son père, imam prêchant contre l’homosexualité, meurt le lendemain « sous le choc », selon son témoignage relayé par Ouest-France. Face aux menaces, il fuit précipitamment son pays. Son retour sur le continent africain s’avère impossible : « récemment, ma sœur m’a contacté pour me dire que ma communauté s’était réunie. Elle a décidé officiellement que, si je revenais, ils me tueraient.»

Un contexte de criminalisation massive

Ce récit s’inscrit dans un contexte plus large, rappelé par de nombreuses organisations internationales. En Afrique, 31 pays sur 51 pénalisent l’homosexualité et 12 pays ont adopté de nouvelles lois pour cibler et discriminer les personnes LGBT selon Amnesty International.

Asile LGBT
(photo illustration – Vaneesha Krish Canva)

Dans ces pays, les personnes LGBT+ subissent rejets familiaux, violences physiques et sexuelles, enfermements religieux et persécutions sociales. Lorsque leur orientation sexuelle ou leur identité de genre est révélée, leurs vies volent en éclat. Pour beaucoup, l’exil devient la seule issue.

À Caen, un refuge fragile

Dans un second article, Ouest-France donne la parole à Yann Natu, membre fondateur et salarié du Centre LGBTI de Normandie. La structure accompagne « près de quatre-vingts personnes exilées LGBT+ », principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale et d’Europe de l’Est. « Elles sont parties de chez elles les mains dans les poches », explique-t-il au journal.

Comme le rapporte Ouest-France, la mission du centre est double : « rompre l’isolement » et accompagner les personnes dans leurs démarches de demande d’asile, notamment la préparation des entretiens avec l’OFPRA ou les recours devant la Cour nationale du droit d’asile.

Une procédure décrite comme « longue et sinueuse », qui oblige les exilé·es à mettre en mots une intimité longtemps cachée.

Exilés LGBT+
(photo illustration Kampus Canva)

Le droit fondamental de vivre sans se cacher

À travers ces articles, Ouest-France met en lumière une réalité trop souvent invisibilisée : demander l’asile en tant que personne LGBT+, ce n’est pas chercher un privilège, mais le droit fondamental de vivre sans se cacher. Ces récits rappellent que l’accueil des exilé·es LGBT+ est un enjeu local, politique et profondément humain.

+pour aller plus loin

 

Derniers articles

Giflée en pleine rue à Dieppe, une artiste de la Sirène à Barbe dénonce un climat de violence ordinaire

Giflée en plein jour à Dieppe, une artiste de cabaret alerte sur l’insécurité vécue par les personnes LGBT+.

À Caen, Papillon Noir Théâtre fait émerger la mémoire des luttes LGBTQIA+ normandes

Un projet inédit en Normandie : Papillon Noir Théâtre collecte les mémoires des luttes LGBTQIA+ pour les transformer en théâtre documentaire. Une démarche artistique et politique face aux effacements de l’histoire.

Vous pourriez aimer lire

À Caen, Papillon Noir Théâtre fait émerger la mémoire des luttes LGBTQIA+ normandes

Un projet inédit en Normandie : Papillon Noir Théâtre collecte les mémoires des luttes LGBTQIA+ pour les transformer en théâtre documentaire. Une démarche artistique et politique face aux effacements de l’histoire.

À Caen, Les Luron·ne·s LGBTQIA+ redessinent la scène queer locale

Une nouvelle association queer fait bouger Caen et attire déjà l’attention par son énergie, ses valeurs et ses soirées “safe”. Découvrez comment Les Luron.ne.s LGBTQIA+ sont en train de devenir un acteur incontournable de la vie LGBT+ caennaise.

À Caen, Edda, footballeuse trans, défie les tribunaux et la transphobie

Entre combat judiciaire, attaques transphobes et victoire historique sur le terrain, découvrez le parcours courageux d’Edda Wolfer Bouchareb, gardienne trans qui bouscule les frontières du sport.