L’association Marche des Fiertés du Havre vient d’annoncer sa dissolution par voie de communiqué. Créée en février 2022, la structure était devenue en quelques années un acteur central de l’organisation des Marches des Fiertés dans la cité océane. Sa disparition interroge l’avenir des luttes LGBT+ locales, dans un contexte politique et social de plus en plus tendu.

Dans son communiqué, l’association rappelle les raisons de sa création : « La marche des fiertés s’est créée sous un élan collectif et a prouvé malgré un discours ambiant délétère qu’une marche des fiertés peut exister au Havre. » Depuis quatre éditions, les bénévoles ont porté à bout de bras un événement devenu un rendez-vous militant et festif incontournable, souvent dans des conditions difficiles.
« Une perte de sens politique »
Mais derrière la visibilité et la réussite apparente, l’épuisement s’est installé. « Les membres ont décidé de dissoudre l’association face à un burn out activiste et un manque de convergence militante ainsi qu’une sensation de perte de sens politique », explique le collectif. L’organisation de la dernière Soirée des Fiertés est également pointée du doigt : « Elle nous a coûté beaucoup en énergie et en moyen au détriment de l’aspect revendicatif de la marche des fiertés. »

La Pride du 5 juillet 2025 illustre ces tensions. Près d’un millier de personnes avaient défilé depuis le parvis de l’Université, un chiffre en baisse par rapport à l’année précédente. Menacée d’interdiction, la marche avait dû être avancée de 14h à midi à la demande de la préfecture. Un changement tardif dénoncé par les organisateurs : « Il n’est pas normal de devoir se plier au calendrier touristique de la ville… c’est pour nous un manque explicite de considération. » Cette Pride s’inscrivait aussi dans une démarche antifasciste, antiraciste et solidaire avec la population palestinienne de Gaza.
L’avenir incertain des Pride pour Le Havre
Aujourd’hui, la dissolution laisse un vide. Il ne reste plus qu’une seule association LGBT+ au Havre : La Poudrière, apparue en 2018, à la fois queer, militante et culturelle. Une structure essentielle, mais qui ne peut à elle seule porter l’ensemble des enjeux communautaires et revendicatifs locaux.
L’association dissoute lance néanmoins un appel clair : « L’existence d’une marche des fiertés au Havre reste un enjeu important pour la lutte contre le fascisme qui nécessite une mobilisation collective. Saisissez-vous de ce moment et organisez-vous ! » Et conclut en remerciant « les bénévoles, donateurices et structures partenaires » qui ont rendu possibles ces quatre éditions.
Une question demeure désormais en suspens : y aura-t-il une Marche des Fiertés au Havre en 2026 ?
