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Homophobie : l’évêque de Séez dans l’Orne mis en cause par le média Le Poulpe

Constitués de témoignages et de recherches détaillées, le média d’investigation normand, Le Poulpe (équivalent local de médiapart) révèle les propos homophobes de Bruno Feillet, l’évêque de Seez dans l’Orne.

En août 2023, lors d’un pèlerinage à Lourdes, l’évêque du diocèse de Séez (Orne), Bruno Feillet, a suscité la controverse par ses propos sur les personnes LGBT. Il a affirmé que les personnes homosexuelles sont « bienvenues » tout en qualifiant l’homosexualité de « contre-nature » et de « blessure dans l’hétérosexualité ». Ces remarques ont choqué de nombreux jeunes présents, constitués de collégiens et de lycéens du département.

eveque de seez bruno Feillet
(Évêque de Seez dans l’Orne, Bruno Feillet. Photo Peter Potrowl Wikimedia Commons)

« l’acte homosexuel est désordonné »

Bruno Feillet, 64 ans, évêque depuis 2021, est un spécialiste des questions familiales et morales au sein de l’Église. S’il est décrit comme à l’écoute, il est également perçu comme conservateur et prudent. Son attitude vis-à-vis des personnes LGBT, notamment au sein du Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France (CEF), a été critiquée pour son manque d’engagement. Certaines associations LGBT dénoncent ses absences lors de réunions clés et son adhésion stricte au catéchisme, qui considère les actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés ».

En 2006, Bruno Feillet publia un article sur « les homosexualités ». Il y explore les origines supposées de l’homosexualité, incluant des causes comme des traumatismes, des choix délibérés tout en ignorant l’homosexualité féminine. Il décrit les homosexuels comme ceux qui ont « choisi délibérément par provocation, par perversion, au titre de la multiplication des expériences » ; ou encore les garçons ayant  « un attachement trop grand à une mère très possessive »

Comparer la transidentité à une gastro…

Sur la transidentité, Bruno Feillet adopte un discours alarmiste, évoquant une « mode » et comparant la demande de changement de genre à un phénomène de mimétisme collectif. Dans une émission radio en avril dernier, il va jusqu’à comparer la transidentité à une gastro ou un malaise dans une classe.

Le média d’investigation Le Poulpe révèle enfin que son diocèse abrite des communautés catholiques très conservatrices. A titre d’exemple : la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et la communauté Saint-Martin, connues pour leur traditionalisme et des pratiques controversées comme les thérapies de conversion. Une enquête intéressante à lire sur Le Poulpe (accès payant).

On se souvient qu’il y a un an, le Vatican avait autorisé la bénédiction des couples homosexuels. Une petite révolution dans la religion catholique où l’acceptation des personnes LGBT+ restent toujours difficile. Mais les évêques français sont entrés en résistance. Dans leur pratique, la notion de « couple » disparaît » et remplacée par des « personnes« … Selon les témoignages du Poulpe, l’évêque de Séez, Bruno Feillet, jouera un rôle primordial dans ce changement. C’est s’opposer à la reconnaissance de l’amour homosexuel.

On se rappelle que dans ce jeu de positions les évêques normands divergent sur l’application d’une telle mesure.

 

(note pour le lecteur : Officiellement, l’orthographe de la ville située dans l’Orne est bien Sées (pour éviter la confusion avec une ville de Savoie). Mais l’Église catholique utilise l’usage du mot Séez, orthographe utilisée jusqu’au XVIIIe siècle pour cette commune de l’Orne. On dit « diocèse de Séez », « évêque de Séez », et non « diocèse de Sées » par exemple)

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