Dans ses éditions des 7 et 11 mars 2026, le quotidien Paris-Normandie est revenu sur un cas de violences conjugales dans un couple gay. La cour d’assises de Seine-Maritime a examiné le cas de Milad Soltani, un Iranien de 35 ans accusé d’avoir tenté de tuer son ex-mari en novembre 2023 au Petit-Quevilly, près de Rouen.
Coups de couteau sous la douche
L’homme était jugé pour avoir porté un coup de couteau à son compagnon sous la douche, dans un contexte de jalousie et de relations devenues particulièrement conflictuelles. Par chance, le facteur passe à cet instant et entend les appels à l’aide de la victime. Il portera assistance au compagnon blessé qui réussira à s’échapper par la porte d’entrée.

D’après Paris-Normandie, l’accusé affirme depuis l’ouverture du procès qu’il n’a « jamais voulu attenter à la vie » de son conjoint. Le juge d’instruction a lui-même estimé que l’acte pourrait ne pas avoir été prémédité. Arrivé en France en 2018 et installé dans l’agglomération rouennaise, Milad Soltani explique devant la cour qu’il vivait un « mariage d’amour » mais qu’il se serait senti trahi.
Suspicion, jalousie…
Le quotidien régional décrit une relation marquée par la jalousie, la suspicion et des violences réciproques. Les deux hommes, mariés depuis un an au moment des faits et aujourd’hui divorcés, s’étaient rencontrés sur Internet. Lors des audiences, la victime, aujourd’hui suivie psychologiquement, évoque une relation marquée par une forte dépendance affective.

Comme le souligne le chroniqueur judiciaire, Guillaume Lejeune, les versions des faits divergent : l’accusé parle d’un accident survenu lors d’une dispute, tandis que la partie civile évoque une agression destinée à l’empêcher de quitter l’appartement. L’accusé demandera pardon à son ancien mari.
Poursuivi pour tentative de meurtre, le procureur avait demandé une peine de 15 ans de réclusion criminelle. Finalement, la Cour d’assise de la Seine-Maritime, prise par le doute, le condamne à 5 ans de prison dont un an avec sursis probatoire pour violence volontaires aggravée. Milas Soltani est déjà détenu depuis deux ans.
La Présidente de la Cour demande à l’accusé de ne plus s’approcher de la victime et de « se soigner pour cette jalousie ». La victime se dit déçu de cette décision de justice. « Nous n’avons pas été entendu » indiquera son avocate.
Cette affaire rappelle aussi une réalité souvent peu médiatisée : les violences conjugales existent dans tous les couples, y compris dans les couples homosexuels. Si ces situations sont encore rarement évoquées dans le débat public, il n’y a pourtant aucune raison de les ignorer, tant elles soulèvent les mêmes enjeux de protection des victimes et de reconnaissance des violences.
