jeudi 1 janvier 2026
4.1 C
Caen
4.1 C
Rouen
7.8 C
Cherbourg-en-Cotentin

Drag-en-Cotentin : quand le drag crée enfin un espace sûr en Normandie

Dans notre revue de presse locale, la radio ICI Normandie (ex-France Bleu), par la voix de la journaliste Clémentine Prouteau, revient sur une soirée drag qui a marqué les esprits à Cherbourg. Samedi 18 janvier, l’Autre Lieu affichait complet pour le tout premier spectacle de l’association Drag-en-Cotentin, une première réussie qui témoigne de l’essor – et du besoin – de scènes queer en Normandie.

« Un endroit où on est livre d’être qui on veut »

Au cœur de l’événement, Louisa McMonster, présidente de l’association, et Alexis, son alter ego civil, racontent l’aboutissement d’un projet né il y a deux ans. Trois heures et demie de préparation, deux perruques superposées et une énergie débordante pour une soirée pensée comme un espace sûr. « Nous n’avions pas d’endroit pour se retrouver en étant en sécurité, un endroit où on est libre d’être qui on veut », confie Alexis au micro d’ICI Normandie.

Drag Manche
(photo Instagram Drag-en-Cotentin)

L’article rappelle que le drag est un art à part entière. « Le drag, ce n’est pas juste un mec qui met une perruque », insiste Alexis, évoquant la création des costumes, du maquillage et de la mise en scène. Une vision partagée par Harmony Bloom, drag queen caennaise invitée du spectacle, pour qui « le drag, c’est magique », mais aussi un véritable défi artistique.

Un sentiment d’insécurité renforcé

Enfin, ICI Normandie souligne la dimension engagée du drag. Harmony Bloom y dénonce un climat préoccupant : « Être queer en Normandie, c’est difficile », rappelant les agressions récentes et un sentiment d’insécurité renforcé.

Cherbourg LGBT
(photo Instagram Drag-en-Cotentin)

Cette première réussie rappelle à quel point la culture drag joue un rôle essentiel dans les territoires éloignés des grandes métropoles. En Normandie, où les espaces queer restent rares et parfois précaires, le drag devient à la fois refuge, acte artistique et geste de résistance. Face à la montée des violences et des discours hostiles, ces scènes locales ne sont pas anecdotiques : elles permettent de se rendre visibles, et de rappeler que les identités LGBT+ existent partout, y compris, et surtout, là où on ne les attend pas.

+pour aller plus loin

Derniers articles

Rétro 2025, une année LGBT+ en Normandie

Une année de luttes et de visibilités, des villages aux grandes villes : retour sur 2025 côté LGBT+

À Dieppe, La Sirène à Barbe change de décor et voit plus grand

Plus grand, plus immersif, toujours inclusif : à Dieppe, La Sirène à Barbe inaugure un nouveau lieu et réinvente son cabaret.

Vous pourriez aimer lire

Revue de presse « Pour une fois, la rue est à nous » : une manifestation féministe qui divise Cherbourg

Face à une manifestation féministe en mixité choisie inédite à Cherbourg, les médias locaux dressent un tableau contrasté. Tour d’horizon d’une polémique qui dépasse le cadre militant.

Chez Rosa : la Manche en résistance queer et féministe

À Doville, dans la Manche, le festival “Chez Rosa” a réuni militantes, artistes et associations pour donner voix aux luttes queer et féministes rurales.

Granville et Lisieux célèbrent leurs premières Journées des Fiertés

De Granville à Lisieux, deux villes normandes ont célébré leurs toutes premières Journées des Fiertés : entre pluie, paillettes et drags endiablés, la diversité s’affirme en plein cœur des territoires.