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Cherbourg-en-Cotentin

Drag-en-Cotentin : quand le drag crée enfin un espace sûr en Normandie

Dans notre revue de presse locale, la radio ICI Normandie (ex-France Bleu), par la voix de la journaliste Clémentine Prouteau, revient sur une soirée drag qui a marqué les esprits à Cherbourg. Samedi 18 janvier, l’Autre Lieu affichait complet pour le tout premier spectacle de l’association Drag-en-Cotentin, une première réussie qui témoigne de l’essor – et du besoin – de scènes queer en Normandie.

« Un endroit où on est livre d’être qui on veut »

Au cœur de l’événement, Louisa McMonster, présidente de l’association, et Alexis, son alter ego civil, racontent l’aboutissement d’un projet né il y a deux ans. Trois heures et demie de préparation, deux perruques superposées et une énergie débordante pour une soirée pensée comme un espace sûr. « Nous n’avions pas d’endroit pour se retrouver en étant en sécurité, un endroit où on est libre d’être qui on veut », confie Alexis au micro d’ICI Normandie.

Drag Manche
(photo Instagram Drag-en-Cotentin)

L’article rappelle que le drag est un art à part entière. « Le drag, ce n’est pas juste un mec qui met une perruque », insiste Alexis, évoquant la création des costumes, du maquillage et de la mise en scène. Une vision partagée par Harmony Bloom, drag queen caennaise invitée du spectacle, pour qui « le drag, c’est magique », mais aussi un véritable défi artistique.

Un sentiment d’insécurité renforcé

Enfin, ICI Normandie souligne la dimension engagée du drag. Harmony Bloom y dénonce un climat préoccupant : « Être queer en Normandie, c’est difficile », rappelant les agressions récentes et un sentiment d’insécurité renforcé.

Cherbourg LGBT
(photo Instagram Drag-en-Cotentin)

Cette première réussie rappelle à quel point la culture drag joue un rôle essentiel dans les territoires éloignés des grandes métropoles. En Normandie, où les espaces queer restent rares et parfois précaires, le drag devient à la fois refuge, acte artistique et geste de résistance. Face à la montée des violences et des discours hostiles, ces scènes locales ne sont pas anecdotiques : elles permettent de se rendre visibles, et de rappeler que les identités LGBT+ existent partout, y compris, et surtout, là où on ne les attend pas.

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