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Ligue 1 : Le Havre et les joueurs face à la lutte contre l’homophobie

Au Havre, la question de l’homophobie dans le football professionnel français a pris une nouvelle ampleur à l’issue de la 34ᵉ journée de Ligue 1, dédiée à la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie le 17 mai dernier. Cette opération, portée par la Ligue de Football Professionnel (LFP), visait à promouvoir l’inclusion en invitant les joueurs à porter un écusson aux couleurs de l’arc-en-ciel sur leur maillot.

Refus de soutenir la lutte contre l’homophobie

Deux joueurs dont le Havrais, Ahmed Hassan (Le Havre AC) ont suscité une vive polémique en dissimulant ce symbole avec un sparadrap sur leurs maillots. Sur le réseau social X, le joueur a déclaré : « j’ai dû trouver un moyen de rester fidèle à mes convictions personnelles et religieuses. La Ligue a choisi d’imposer un logo qui représente une cause que je ne soutiens respectueusement pas en raison de ma foi. J’ai pris la décision de couvrir le logo, non pas par manque de respect envers qui que ce soit, mais pour protéger ma conscience et rester fidèle à mes principes. »

Homophobie HAC
(Ahmed Hassan Kouka, joueur du Club de foot du Havre Le Hac – photo du joueur twitter/X)

Ce geste de désolidarisation a été interprété par la commission de discipline de la LFP comme un refus de soutenir la campagne contre l’homophobie. En conséquence, ils ont été sanctionnés de quatre matchs de suspension, dont deux avec sursis, et ont accepté de participer à des actions de sensibilisation dans les six prochains mois.

Ces décisions disciplinaires s’inscrivent dans un contexte où certains acteurs du football restent réticents à associer sport et messages de lutte contre les discriminations, malgré les efforts institutionnels.

« On ne valide pas son geste… mais… » (Le HAC)

La réaction du président du club de foot havrais (HAC), Jean-Michel Roussier reste ambiguë. « On ne valide pas son geste, que ce soit clair », explique t’il. « Le fait d’avoir masqué le patch, on ne le valide pas du tout ». Mais il regrette que « les arbitres aient laissé le joueur entrer sur le terrain »… tout comme lui-même et ses collaborateurs.

Ces incidents rappellent que l’homophobie demeure un défi sérieux dans le monde du football français. Si des campagnes annuelles sont organisées, leur efficacité est parfois remise en question par des comportements qui alimentent encore les débats sur l’inclusion réelle des personnes LGBT+ dans ce sport.

Le chemin sera long…

La ministre des sports, Marie Barsacq a déclaré que ce comportement n’était pas admissible et que « le football doit prendre toute sa place dans la lutte contre l’homophobie ».

Au-delà des maillots et des sanctions, ce geste de la part du joueur havrais est aussi un signe que l’homophobie a encore toute sa place dans les esprits et les principes religieux. Le chemin sera encore long pour convaincre que toutes les personnes, gays, lesbiennes ou hétéro ont leur place sur le terrain, dans les clubs comme dans les tribunes.

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