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Dans les Vosges, un élu porte plainte pour injure homophobe sur les réseaux sociaux

C‘est par un communiqué de presse que David Valence, Maire de Saint-Dié-des-Vosges, a déclaré porter plainte contre un internaute ayant proféré des propos haineux et homophobes sur le réseau facebook.

Dans les Vosges, un élu porte plainte pour injure homophobe sur les réseaux sociaux

L’élu, également vice-président de la région Grand Est précise : « Un commentaire ordurier sur la page Facebook d’un titre de presse électronique méritait-il que je réagisse autrement que par le mépris ? Je me le suis demandé, tout comme je me suis ensuite interrogé sur la nécessité ou pas de rendre publique cette plainte. »

Rien ne justifie qu’on injurie un élu en raison de sa vie privée

Le dépôt de plainte date du 22 septembre 2018. Mais ce n’est qu’aujourd’hui que le Maire de la commune rend publique cette affaire.

Pour David Valence : « il est temps de dire « stop » sur cette pente du « toujours plus violent », en mots et en actes, où d’aucuns voudraient engager le débat public. Qu’on conteste telle ou telle décision, quoi de plus sain en République ? Mais rien ne justifie qu’on injurie un élu en raison de sa vie privée. »

Ce n’est pas la première fois que David Valence est victime de la haine homophobe. Dans une interview à Vosges-Matin l’élu reconnaît avoir subi des propos injurieux en raison de son orientation sexuelle : « Oui, à plusieurs reprises, dans ma vie d’élu, en période électorale notamment. Mais cette fois et pour la première fois j’ai décidé de porter plainte et de rendre cela public. »

L’insulte de trop

Il a longtemps hésité mais il a été convaincu par son entourage de parler de cette haine. « Depuis plusieurs années, le climat vis-à-vis des élus a changé et on se sent autorisé à les injurier, les attaquer, les insulter. Il faut dire stop en particulier lorsque ces injures ont un caractère raciste, antisémite ou homophobe » écrit-t’il.

David Valence (UDI) a été élu à deux reprises, Maire en 2014 et Conseiller Régional en 2015. Trop peu d’élu.e.s LGBT acceptent de parler de ce sujet par peur de l’hostilité d’une partie de la population.

Homophobie à Dieppe

Pour ce maire d’une commune d’à peine 20.000 habitants, résister est un combat.

« Avant d’être élu je me battais déjà pour que ce type d’exclusion homophobe recule. J’ai été élu à plusieurs reprises. Je considère donc que la majorité des citoyens font bien la distinction entre vie publique et vie privée. Même s’il y a des rumeurs malveillantes. Ce sera un combat. Et désormais, je déposerai systématiquement plainte dès lors qu’il y aura une injure publique » conclu t’il dans la presse locale.

Le Maire de Saint-Dié-des-Vosges a reçu de nombreux soutiens de la part de ses concitoyens mais également sur les réseaux sociaux comme le soutien du Président de l’association SOS homophobie et de Christophe Girard, élu à la Mairie de Paris, ouvertement gay.

Contexte LGBTphobe

En France, depuis septembre 2018 les médias relaient une recrudescence d’agressions homophobes violentes. De nombreuses manifestations pour dénoncer ces actes haineux ont été organisées depuis.

Internet est également une source importante d’homophobie. Dans son rapport annuel 2018, l’association SOS homophobie avait relevé que 22% des témoignages reçus en 2017 trouvaient leur origine sur Internet. Twitter et Facebook représentent les 2/3 des signalements.

Une homophobie décomplexée

Mais l’association nationale le reconnaît : « Les cas signalés ne représentent qu’une infime partie des propos LGBTphobes en ligne. Il suffit de taper « PD », « gouine » ou « travelo » sur les principaux réseaux sociaux pour le constater ».

L’association ajoute dans son rapport annuel : « largement intégrés dans les usages quotidiens, ils facilitent une expression décomplexée dont l’enjeu principal est la viralité. Les débats en ligne sont le théâtre de propos intolérables où la surenchère semble être la règle. Dans les commentaires en réaction à des actualités impliquant des personnes LGBT, lire des propos homophobes, biphobes ou transphobes semble incontournable. « 

L’honneur de servir leurs concitoyens

De son côté, ce Maire de 37 ans, habitué des réseaux sociaux, conclut son communiqué : « Il est temps en effet de rappeler que la liberté numérique de blâmer s’arrête là où commence la liberté des individus de conduire leur vie comme ils l’entendent, y compris quand ils ont l’honneur de servir leurs concitoyens en qualité d’élus. »

Comme cet élu, de nombreux LGBT sont victimes de la haine homophobes en France. Ce jeudi, deux associations, Mousse et Stop Homophobie, déposeront 200 plaintes contre X pour « injures publiques », « diffamation publique » et « provocation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle ». Ces deux associations ont relevé pendant 8 mois une série de propos LGBTphobes sur Internet

Outre le fait de condamner leurs auteurs, l’objectif de ces plaintes est d’attirer l’attention sur cette « impunité« . Joël Deumier, président de SOS homophobie, interrogé par Libération ajoute que : « l’impunité nourrit et légitime l’homophobie ». 

Pour David Valence, l’enquête de police est en cours et espère que « l’identité de ce courageux anonyme » soit levée tout en espérant une coopération des réseaux sociaux.

Pour aller plus loin

Pharos : portail de signalement des propos haineux (site gouvernemental)
Urgence homophobie : que faire ?
Association SOS homophobie

Ligne d’écoute SOS homophobie au 01.48.06.42.41 du lundi à vendredi : 18h – 22h, le samedi de 14h à 16h, le dimanche de 18h à 20h. Pas d’écoute les jours fériés.
Témoignez ou signalez un évènement LGBTphobe

(photo : capture d’écran Facebook)

 

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