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La rencontre tourne au guet-apens homophobe à Saint-Chamond, près de St-Étienne

Fin décembre, à St-Chamond, Nicolas, 40 ans, tombe dans un guet-apens homophobe. Trois individus le tabasse car il est homosexuel.

Jeune LGBT
(photo d’illustration : Andrew Neel d’Unsplash)

La scène se déroule près de St-Etienne dans un parc de Saint-Chamond. Le quotidien Le Progrès retrace le témoignage de Nicolas. Ce dernier donne rendez-vous à un garçon rencontré sur un site de rencontre. Après avoir fait connaissance, il pensait qu’il était intéressé avec de bonnes intentions. Ils se donnent rendez-vous dans un parc. Une rencontre comme il s’en passe des milliers d’autres en France. Et pourtant…

« Ils voulaient ma mise à mort »

Le 29 décembre 2020, Nicolas tombe finalement dans un piège. Arrivé dans un parc de St-Chamond, trois individus masqués lui tombe dessus. Ils l’agressent violemment. Il témoigne au journal : « Pendant trois à quatre minutes, j’ai été roué de coups de marteaux, de coups de pied. J’ai clairement ressenti qu’ils voulaient ma mise à mort ».

Il précisera à la presse que physiquement, il s’en sort bien avec quelques points de sutures. Mais psychologiquement, la hantise de l’agression lui revient en mémoire.

Nicolas témoignera également sur France Bleu St Etienne Loire. « Ils m’ont dit : on va te faire ta fête PD. Voilà. C’était clair. Je me suis défendu comme je pouvais, surtout se protéger. Hurler, bien sur, énormément. En me disant qu’il y aurait bien quelqu’un qui m’entendrait. Et puis j’avais mon téléphone à la main, ils ont du avoir peur. Ça a duré trois-quatre minutes et ils ont disparu ».

Nicolas s’en veut. Il précise : « Cette rencontre est intervenue dans le cadre de l’utilisation des réseaux sociaux. Je croyais connaître la personne. En fait, il n’en était rien… J’ai 40 ans, je me suis fait avoir. »

Violence à St Chamond
(photo : Hakobyan GettyImages Canva)

Après son agression, il a tenu à témoigner dans la presse locale au Progrès. Il veut alerter pour rappeler que ces actes n’arrivent pas qu’aux autres. Il appelle à la prudence : « Il faut faire attention et être encore plus vigilant dans l’utilisation des réseaux sociaux et autres applications ».

Les associations LGBT locales ont apporté leur soutien à Nicolas, comme le Triangle Rose qui condamne « avec la plus grande fermeté ces actes honteux dans notre société ». Et également le relais Loire du Refuge : « Tout notre soutien (…) merci pour ce témoignage nécessaire pour lutter contre ses violences » déclare l’association.

À lire également : Vernon : guet-apens sur Grindr avec violences et vol

Déposer plainte

Le dépôt de plainte reste fondamental pour combattre ces actes homophobes. Il y a quelques mois en juin dernier, à quelques kilomètres de Saint-Chamond, à St-Etienne, une jeune transgenre de 21 ans est agressée à deux reprises. Mais aucune plainte n’est déposée. L’association le Triangle Rose pense que les victimes sont lassées.

Plus précisément, l’association LGBT regrette que les forces de l’ordre n’interviennent pas suffisamment. Pendant le premier confinement, l’association avait déjà relevé quatre signalements d’agressions LGBTphobes. L’association demande « de considérer les personnes subissant ces agressions comme des victimes qui doivent être accompagnées en tant que telle ».

En revanche, à Saint-Chamond, Nicolas, lui a décidé de porter plainte. La police mène l’enquête. Sur sa page facebook, il reçoit de nombreux messages de soutiens. Cela le rassure, même s’il ne comprend pas pourquoi il y a tant de haine dans notre société.

Triangle Rose propose une ligne d’écoute gratuite tous les jours au :
07 68 89 47 68

(mise à jour le 6 janvier 2021 : ajout de son témoignage à France Bleu)

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