À Paris, le serpent de mer du Centre des Archives LGBT+ progresse

Ile de France, ParisEnfin (!)… presque ! Après plusieurs années d’incertitudes et d’incompréhensions au sein du microcosme parisien, un Centre pour les archives LGBT+ devrait prochainement ouvrir à Paris. Ce jeudi 4 février, le Conseil de Paris a voté favorablement à ce projet.

Archives LGBT
(illustration, photo Glen Noble, Unsplash)

La perspective d’un Centre d’archives LGBT+ est dans les cartons depuis l’élection de Bertrand Delanoë en 2001 à la Mairie de Paris. À la suite de nombreux conflits entre associations, personnalités et la ville de Paris, le projet n’avançait plus.

Oppositions entre associations LGBT+ et ville de Paris

C’est en 2017 que le projet réapparait avec l’association Act Up Paris. Un collectif de bénévoles et d’associations se constitue avec une centaine de personnes sous le nom de « Collectif Archives LGBTQI ». Mais encore une fois, la vision entre la Mairie de Paris et les associations LGBT divergent. La Communauté LGBT souhaite un seul et unique lieu pour valoriser les archives LGBT, un lieu dirigé par la Communauté LGBT. Mais les autorités locales et nationales ne l’entendent pas de cette façon.

Le dossier n’avance toujours pas. Il faudra attendre la récente campagne électorale d’Anne Hidalgo en 2020 pour que ce projet d’archives LGBT revienne au programme.

En parallèle, en janvier dernier, une quarantaine d’organisations LGBT internationales signaient une tribune dans Libération pour demander un engagement clair de la part de la puissance publique. La France reste le seul grand pays occidental à ne pas posséder de Centre d’archives LGBT+.

Bibliotheque LGBT
(illustration. Photo Miljko GettyImages Canva)

Finalement, ce jeudi 4 février, les oppositions, même au sein de la majorité de gauche, s’apaisent. Sur la présentation d’un voeu porté par Jean-Luc Romero-Michel, l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé de la lutte contre les discriminations, le projet est adopté.

Une première étape : quid du local et du financement ?

C’est une grande victoire certes, mais pas la fin du dossier. Car il ne s’agit pour l’heure que d’un voeu. Ce voeu attribue officiellement la gestion du Centre d’Archives au Collectif associatif Collectif Archives LGBTQI. En clair, la Mairie de Paris accepte que ce centre soit géré par la Communauté LGBT+ en toute autonomie. Il restera à trouver un local ainsi que son financement.

Pour l’heure, le Conseil de Paris fixe comme échéance la fin 2021 pour trouver un local. De plus, les élus souhaitent qu’un co-financement soit trouvé entre la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et l’Etat. Le plus dur reste peut-être à faire… et notamment avec les Archives Nationales et le Ministère de la Culture.

Le Collectif Archives LGBTQI peut crier victoire pour cette reconnaissance. Les associations et les personnes initiatrices de ce projet dans ce collectif se disent « mobilisé et vigilant pour les prochaines étapes ».

Ce Centre d’archives se réunit autour d’un but commun : « créer un centre autonome qui rassemble tous les supports dans un même lieu ».

Revues LGBT
(photo gayviking)

À Berlin, San Francisco, Amsterdam ou Londres, il existe déjà des Centres d’Archives LGBT. Il s’agira de conserver dans même endroit la mémoire et l’histoire de la Communauté LGBT+. Ce centre aura pour mission de conserver, consulter et valoriser les archives via notamment des expositions.

Beaucoup d’espoirs en perspective

Dans un communiqué, le Collectif Archives LGBTQI précise : « Le Centre d’archives LGBTQI nous tend les bras. Nous invitons toutes les personnes intéressées à nous rejoindre pour construire le Centre avec la Communauté LGBTQI ». Et comme un appel, il ajoute : « archivistes, documentalistes, historien·ne·s, journalistes, militant·e·s, chercheur, étudiant·e·s, collectionneur·e·s… rejoignez-nous. »

Dans ce futur centre d’archives LGBT+, il sera possible de retrouver toute la vie LGBT+ (revue, vidéo, costumes, tracts, affiches…). Ce lieu permettra de recueillir toute la mémoire et la documentation de la Communauté.

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